Jésus Christ

Visites au saint Sacrement


1ère prièreQuarante jours d’indulgences sont accordés, par Monseigneur l’Évêque de Limoges, à tous ceux qui réciteront cette prière.

Ô vous qui m’aimez tant,
Jésus, ici véritablement Dieu caché,
écoutez-moi, je vous implore.

Que votre bon plaisir soit mon plaisir,
ma passion, mon amour!
Donnez-moi de le chercher,
de le trouver, de l’accomplir!
Montrez-moi dos chemins,
indiquez-moi vos sentiers.
Vous avez vos desseins sur moi,
dites les moi bien,
et donnez moi de les suivre
jusqu’au définitif salut de mon âme.
Qu’indiffèrent â tout ce qui passe,
et ne voulant voir que vous,
j’aime tout ce qui est à vous,
mais vous, surtout, mon Dieu, vous!
Rendez-moi amère toute joie qui n’est pas vous,
impossible tout désir hors de vous,
délicieux tout travail fait pour vous,
insupportable tout repos qui n’est pas en vous.
Qu’à toute heure, ô bon Jésus,
mon âme prenne vers vous son vol;
que ma vie ne soit qu’un acte d’amour!

Ô Jésus, mes délices et ma vie,
donnez moi d’être sans recherche
dans mon humilité,
sans dissipation dans mes joies,
sans abattement dans mes tristesses,
sans rudesse dans mon austérité.
Donnez-moi de parler sans détour,
de craindre sans désespoir,
d’espérer sans présomption,
d’être pur et sans tache,
de reprendre sans colère,
d’aimer sans faux-semblants,
d’édifier sans ostentation,
d’obéir sans réplique,
de souffrir sans murmure.

Bonté suprême, ô Jésus,
je vous demande un coeur épris de vous,
qu’aucun spectacle,
aucun bruit ne puisse distraire;
un coeur fidèle et fier,
qui ne chancèle,
qui ne descende jamais;
un coeur indomptable,
toujours prêt à lutter
après chaque tempête;
un coeur libre,
jamais séduit,
jamais esclave,
un coeur droit
qu’on ne trouve jamais
dans les voies tortueuses.

Et mon esprit,
Seigneur,
mon esprit!
Qu’impuissant à vous méconnaître,
ardent à vous chercher,
il sache vous rencontrer, vous,
la suprême sagesse!
Que ses entretiens
ne vous déplaisent pas trop!
Que, confiant et calme,
il attende vos réponses,
et que, sur votre parole, il se repose!

Puisse la pénitence
me faire sentir les épines de votre couronne!
Puisse la grâce
me verser vos dons sur la route de l’exil!
Puisse la gloire
m’enivrer de vos joies dans la céleste patrie!

Ainsi soit-il.

(de Saint Thomas d’Aquin)

2ème prière

(Sursum Corda)

Jésus-Hostie est sur la terre,
mais il n’y touche que
pour ramener tout à son amour.
Quittons la terre de pensée et de coeur,
et, près du tabernacle,
nous respirerons un air céleste,
l’air bienfaisant de la patrie.
Mettons aux pieds du divin Maître
les affections naturelles,
les préoccupations inquiétantes,
les agitations de notre esprit,
et reposons-nous dans son Coeur,
cette région de la paix.
Quoi! Jésus-Hostie
ferait disparaître sa gloire,
sa cour céleste pour nous accueillir
dans l’ombre et le silence,
et nous n’aurions pas la volonté de briser,
d’arracher les entraves
qui retiennent notre âme en bas!
Montons par le recueillement,
la prière, à l’étage supérieur,
où l’amour nous appelle.
Jetons en haut notre ancre,
et laissons-nous piloter sur la mer
du monde par Jésus-Hostie.
Il nous demande cette élévation d’esprit
si conforme à notre dignité de chrétien,
si nécessaire en présence de notre Dieu,
si utile à nos intérêts éternels.
Nous sommes faits pour le ciel,
achemions-nous-y par la voie du Tabernacle.
La terre n’est,
dans notre immortelle existence,
qu’un accessoire dont la valeur
se mesure aux desseins de la Providence.
Donc, sursum corda!

Pour demeurer en haut,
que tout nous soit indifférent,
hors l’amour du divin Coeur.
Comme le dernier mot
de la vie eucharistique de Jésus
est la donation de lui-même,
que le premier et le dernier mot
de notre adoration
soit une consécration à son Coeur,
un don toujours renouvelé de nos pensées,
de toutes nos affections.
Son amour jouit,
lorsque, après s’être donné,
il vit en nous.
Dans cette entière donation,
Jésus ne perd rien de lui-même,
au lieu de perdre,
nous gagnons tout
à le laisser maître de notre âme.
Demandons à Notre-Seigneur
de céder à la puissante attraction
que son Coeur exerce sur ses fidèles adorateurs.
C’est lui qui nous dit:
N’apportez rien ici que vous-mêmes,
ne contrariez pas l’élan
que veut vous imprimer mon amour:
en haut les yeux, en haut les désirs,
en haut les affections,
et ne redescendez plus,
vous perdriez la force, la ferveur,
la paix et la joie.
Donc, sursum corda!

Ainsi soit-il.

3ème prière

Nous appartenons véritablement au Seigneur,
il a sur nous les droits absolus
du créateur sur son oeuvre.
Mais nous appartenons à Jésus-Hostie
à un titre très doux,
et en un sens plus intime qu’à la Divinité.
Le Seigneur nous a conféré
le rang des créatures intelligentes
formées pour sa gloire.
Mais notre création,
qui ne lui était pas nécessaire,
n’a rien ajouté à sa suprême félicité.
Au lieu que Jésus-hostie n’existe
vraiment que pour nous…
et ne demeurera sur la terre
qu’autant que nous l’habiterons.
il est donc pour ainsi dire
autant à nous que nous sommes à lui.

Approfondissons ce que cette vérité
révèle d’amour et de dévouement,
et nous serons touchés de voir Jésus-Hostie
vivre au tabernacle pour notre bonheur.
Vivons pour sa gloire,
et ne refusons pas d’entrer
et de demeurer avec lui
dans les relations de ceux
qui vivent uniquement l’un pour l’autre!
Comparons à son perpétuel dévouement pour nous,
les rares instants
que nous consacrons à honorer son amour.
Examinons pour qui nous avons vécu,
à qui nous sommes aujourd’hui:
à Jésus-Christ ou au monde?
Regrettons d’avoir fait peu d’efforts
pour nous rapprocher de Jésus-Hostie,
pour lui montrer le prix
que nous attachons à sa présence au tabernacle.
Demandons-lui de détourner désormais
notre regard des créatures
dont nous avons trop souhaité l’estime
et les applaudissements.
Prions-le de retirer nos affections
du monde qui passe,
des plaisirs qui s’évanouissent,
et de nous accorder l’entrée de son Coeur.
Retrempons à cette source d’amour
la vigueur de notre foi,
la fermeté de notre espérance,
la constance de notre amour,
et demandons-lui notre persévérance.

Ainsi soit-il.

4ème prière

Ô mon Jésus,
je me prosterne devant le tabernacle,
et je vous adore sous les voiles de l’Hostie
que je recevrai demain.
Je l’aime et la désire de tout mon coeur,
cette divine Hostie.
Sous sa petitesse,
sous sa blancheur,
je découvre un abîme immense d’amour,
de tendresse et de miséricorde.
Par quelles immolations
vous avez dû passer pour descendre
ainsi jusqu’à mon néant!

Et vous êtes déjà là,
dans le ciboire, à m’attendre,
tout impatient de vous donner à moi!
Merci, ô mon Dieu;
je dépose dans votre coeur
les sentiments de ma foi,
de ma confiance,
de ma gratitude la plus vive.

Ô divine Hostie de ma communion prochaine,
vous serez bientôt ma nourriture,
ma force, ma joie;
vous serez le soutien de ma faiblesse,
ma vie enfin.

Qu’ai-je à vous offrir,
ô mon Jésus caché,
anéanti mais réellement présent
dans cette Hostie qui m’est réservé?
Rien, si ce n’est le désir ardent,
profond de m’unir à vous
et de vous aimer sans mesure et sans fin.

Je viens souvent
au pied du tabernacle les mains vides.
Mais je vous trouve là,
ô mon Père pour le paiement de mes dettes
et de mes fautes continuelles.
Effacez-les de votre doigt divin,
car je le sens,
je ne veux plus vous offenser,
vous peiner volontairement.
Je veux vous apporter demain
mon coeur bien préparé,
bien aimant,
m’endormir avec la pensée
que vous êtes là solitaire,
que vous désirez me voir
et que demain vous vous donnerez à moi
avec toutes les richesses de votre coeur,
avec votre humilité,
votre douceur, votre pureté,
avec toutes les vertus qui me manquent.
Préparez-moi, ô Jésus, bénissez-moi;
bénissez ceux que j’aime
et pour lesquels je vais vous prier.

Ainsi soit-il.

Vierge Marie